Mon premier demi marathon

Cette session-ci, je cours toujours après mon temps. On m’avait
dit que ce serait une grosse session, mais je pense que tant qu’on est pas dedans,
on ne peut pas le comprendre. Je continue de courir malgré tout, car j’en ai
besoin. Pas de très grosses distances, car je ne peux pas me permettre de
partir durant 2 heures, mais je m’autorise tout de même de petites sorties de
30 minutes. Parfois plus, mais je me dis que c’est mieux que d’arrêter
complètement et d’avoir du mal à recommencer après. Surtout que je veux refaire
un demi marathon. 
J’avais 2 buts au niveau de la course pour 2016, soit de
tout donner pour le défi Pierre Lavoie ainsi que de réussir mon premier demi au
Bois de Belle-Rivière. C’était ma 2ème chance de le faire puisque l’an dernier, je m’étais blessée en entrainement et j’avais dû changer ma distance
pour le 10 km. Je savais que c’était un parcours difficile, mais je devais le
faire, j’avais besoin de me reprendre. J’ai envisagée un moment de m’inscrire
au 15 km par peur, mais comme J. l’a dit, ça ne veut rien dire un 15 km, un
21.1 km au moins, c’est un demi marathon. Et il dit ça méchanceté, il ne court
même pas, mais il croit en moi et en mes capacités, ce que j’apprécie
énormément. 
J’étais assez zen à l’idée de faire cette course…jusqu’à la
veille du départ. Quand j’ai vue qu’on annonçait seulement 3 degrés Celsius, j’ai
un peu paniquée. Ce n’étais pas dans mes plans, il faisait si chaud les jours
précédant l’événement. Malgré tout, on prévoyait tout de même du soleil et les
chances de pluies et de gros vents étaient à peu près nulles. Après une courte
parade de mode devant mon miroir et une lutte opposant la veste aux manchons, j’ai
fini par opter pour la veste. Je pouvais toujours l’enlever au besoin et je
pouvais me réchauffer les mains sans avoir à porter de gants.
Nous sommes arrivés 1 heure avant le départ, il faisait
vraiment froid et le gazon était givré. J. et les enfants sont restés avec moi
jusqu’à 10 minutes avant que le tout débute pour que je profite le plus longtemps
possible de mon manteau. Une amie bénévole vient me voir pour m’encourager, ça
me donne un petit boost et je laisse ma famille allée se réchauffer dans la
voiture. Je vais me placer en ligne en attendant le fameux coup de feu et je
croise une fille avec qui j’ai fait le défi PL et d’autres personnes du collège.
Ça détend l’atmosphère et me rend moins nerveuse. 
Comme toujours, je déteste les départs avec le sentiment d’être
prise dans une foule, mais heureusement, ça ne dure pas longtemps. Je me
concentre sur ma vitesse à moi et je ne me laisse pas entraîner par l’euphorie
de début de parcours pour rapidement finir par me retrouver seule. Le parcours
est constitué de 3 boucles de 7 km. Je ne sais pas si c’est un TOC, mais je
déteste tellement repasser 2 fois au même endroit, j’ai l’impression de perdre
mon temps. Je sais bien que dans les faits, que je fasse le trajet en ligne droite
ou en tournant en rond, la distance sera la même, mais mon cerveau ne le
comprend pas lui. Je tente de rester positive malgré tout et de voir chaque
boucle comme un mini objectif à atteindre.
S’il y a bien un avantage à garder sa vitesse, c’est bien de
pouvoir se retrouver dans sa bulle. Se concentrer sur ses pas et non essayer de
suivre ceux de la foule. Mais s’il y a une chose que ce parcours m’a fait réaliser,
c’est à quel point j’ai la tête pleine et le cerveau qui roule tout le temps.
Je me suis même dis un moment qu’avoir pu écrire en courant, je l’aurais fait.
La seule façon pour moi de ne penser à rien est de compter mes pas…
Les départs se faisaient aux 5 minutes, alors c’est avec un
brin de panique que j’ai vue des gens du 15 du 10 et même du 5 km me dépasser. Mais
quand j’ai vue passé un gars de la région qui a pratiquement toujours la
médaille d’or, je me suis calmée et je me suis dit que c’était normal. De toute
façon, étant habituée aux 5 et aux 10 km, c’était impensable pour moi d’avoir
le même pace sur une si grande distance. Je me suis concentrée, j’ai conservé
mon rythme et j’ai fini par rattraper le lapin de 2h15. Il a fini par me
distancer, mais je n’en ai pas fait de cas, car qui dit lapin, dit troupeau qui
le suis et au risque de me répéter, j’ai besoin de ma bulle à moi.
Oui je sais, moi, moi, moi. En course, je suis égocentrique
et je ne pense qu’à moi. Mais bon, je ne suis tout de même pas du genre à
sauter par-dessus un corps mort et de continuer mon chemin. Je porterais volontiers
secours à quelqu’un qui en aurait besoin. Pour preuve, j’ai passé à 2 doigts de
demander à une fille qui a quitté le sentier si ça allait…jusqu’à ce que je l’a
voit descendre ses pantalons pour faire pipi !
Même si mon but est de finir la course coûte que coûte, je
voulais tout de même l’a terminer en bas de 2h15. À la fin de la première
boucle, j’arrivais à 43 minutes, alors c’était encore possible. À la fin de mon
2ème tour, j’ai eu une petite pointe de jalousie de voir les gens
sortir, mais je n’avais aucune envie d’abandonner. J’avais une crampe, j’avais
chaud, j’avais mal aux jambes, mais j’avais aussi de la détermination à n’en
revendre ! J’ai enlevé ma veste, bue quelques gorgées d’eau en marchant et je
suis repartie ! J’avais mes points de repères, c’était mon 3ème tour après
tout. Je comptais les collines, j’avais juste hâte d’arriver au sable, car je
savais que quelques mètres à peine me sépareraient de la ligne d’arrivée…C’était
maintenant mon tour de dépasser des gens des autres distances. J’étais
tellement heureuse de franchir la ligne d’arrivée et de me faire accueillir par
les membres de ma famille, mes supporteurs, les gens que j’aime le plus sur
terre !! J’ai pris ma médaille, mon mari m’a serré dans les bras et mes jambes
se sont misent à trembler…J’avais mal, mais j’étais si heureuse ! Je n’avais
jamais couru plus de 16 km et je venais d’en faire 21.1 en 2h13 !
Maintenant, est-ce que je veux monter plus haut ? Non,
courir durant 4 heures ne m’attirent pas, mais on ne sait jamais. J’ai mis 4
ans pour me rendre au demi, ce n’était pas dans mes plans quand j’ai commencée
à courir, je voulais juste être en forme. Je sais que je ne suis pas la plus
rapide, mais je m’en fou, je le fais pour moi et ça me suffit. Je n’ai pas choisi
mon prochain défi, mais je veux revivre l’expérience de cette distance, c’est sûr
et certain !
Donc c’est fait, je suis officiellement une demi marathonienne !!!

2 Comments

  1. Marie-Eve Boudreault

    novembre 20, 2016 at 3:33

    Felicitations! C'est bon, moi le premier je l'ai marché en bonne partie parce que je m'étais blessée à l'entraînement. Bonne continuation!

  2. admin

    décembre 5, 2016 at 5:43

    Merci c'est gentil !! Le seul hic est que je n'ai pas vraiment recourue depuis ce jour, mais ça va revenir !!

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